Nothing reporte son téléphone CMF 2025 à cause de la flambée des prix de la RAM
Par Mag-Info Tech editorial · 2026-06-20

La flambée des prix de la RAM frappe de plein fouet le secteur des smartphones
La pénurie mondiale de mémoire vive et la hausse brutale des prix de la RAM ne touchent pas uniquement les grands fabricants. Nothing, la jeune marque britannique fondée par Carl Pei, vient d’annoncer qu’elle renonce à lancer un successeur au CMF Phone 2 Pro cette année. Selon Akis Evangelidis, cofondateur de Nothing, la situation des coûts rend impossible la construction d’un appareil « à un prix qui ait du sens » pour le segment d’entrée de gamme. Cette décision illustre l’ampleur de la crise qui frappe l’industrie, où même les acteurs les plus agiles peinent à absorber l’inflation des composants essentiels.
Les prix de la RAM ont connu des variations spectaculaires ces derniers mois, avec des pics dépassant parfois 200 % par rapport aux niveaux habituels. Cette volatilité s’explique par une combinaison de facteurs : restrictions à l’exportation de puces mémoire vers certains pays, demande accrue pour l’IA et les centres de données, et tensions géopolitiques affectant les chaînes d’approvisionnement. Pour un fabricant comme CMF, qui mise sur des prix agressifs pour conquérir les marchés émergents, cette hausse représente un obstacle quasi insurmontable. La RAM, composant critique pour les performances d’un smartphone, représente désormais une part disproportionnée du coût total de production.
Nothing et CMF : une stratégie bousculée par la réalité des coûts
Nothing a lancé la marque CMF en 2023 avec l’ambition de proposer des appareils abordables, sans sacrifier la qualité de construction ni l’expérience logicielle. Le CMF Phone 2 Pro, sorti en 2024, avait marqué les esprits avec son design minimaliste et son prix contenu, s’appuyant sur des composants standardisés pour limiter les coûts. Pourtant, même cette approche rigoureuse se heurte aujourd’hui à la réalité du marché. La hausse des prix de la RAM force les fabricants à revoir leurs plans, ou à reporter des lancements, comme le fait Nothing pour 2025.
Cette situation met en lumière les limites des stratégies low-cost dans un contexte de crise des composants. Les marques qui misent sur des prix bas doivent désormais composer avec des coûts de production imprévisibles, ce qui peut impacter leur capacité à innover ou à maintenir des marges suffisantes. Pour CMF, qui cible notamment les jeunes et les marchés en croissance, cette décision pourrait retarder l’expansion de la gamme et freiner l’adoption de ses produits. À plus long terme, cela pourrait aussi inciter la marque à revoir sa dépendance à certains fournisseurs ou à explorer des alternatives technologiques, comme des solutions logicielles optimisées pour réduire la quantité de RAM nécessaire.

Les répercussions sur l’écosystème des smartphones abordables
L’annulation du projet de CMF n’est pas un cas isolé. Plusieurs acteurs du segment entrée de gamme et milieu de gamme ont déjà ajusté leurs calendriers ou revu à la baisse leurs ambitions. Les fabricants de puces mémoire, comme Samsung, SK Hynix ou Micron, profitent de cette demande soutenue pour augmenter leurs prix, tandis que les assembleurs de smartphones subissent une pression croissante. Les consommateurs, quant à eux, risquent de subir des hausses de prix ou des réductions de spécifications sur les modèles à venir.
Pour les utilisateurs, cette situation pourrait se traduire par des téléphones moins performants ou plus chers, ou par un ralentissement des innovations dans le segment abordable. Les marques qui parviennent à maintenir leurs prix pourraient être contraintes de réduire la quantité de RAM embarquée, ce qui affecterait les performances multitâches ou les mises à jour logicielles. À l’inverse, celles qui acceptent d’augmenter leurs tarifs pourraient perdre en compétitivité face à des concurrents comme Xiaomi ou Realme, qui misent sur des volumes élevés pour compenser les coûts.
Les alternatives pour les consommateurs et les fabricants
Face à cette crise, les consommateurs peuvent adopter plusieurs stratégies. D’abord, reporter l’achat d’un nouveau smartphone si leur appareil actuel fonctionne encore correctement. Ensuite, privilégier les modèles reconditionnés ou les marques qui ont su maîtriser leurs coûts, comme ceux proposant des appareils avec des spécifications équilibrées mais moins gourmandes en RAM. Enfin, surveiller les promotions sur les stocks existants, car certains revendeurs pourraient solder des modèles avant l’arrivée de nouveaux prix.
Du côté des fabricants, les pistes pour contourner la crise sont multiples. Certaines marques pourraient se tourner vers des fournisseurs alternatifs, bien que cela implique souvent des compromis sur la qualité ou la disponibilité. D’autres pourraient optimiser leurs logiciels pour réduire la consommation mémoire, une approche déjà adoptée par certains acteurs sous Android Go. Enfin, une collaboration plus étroite avec les fondeurs de puces pourrait permettre de sécuriser des approvisionnements à long terme, mais cela nécessite des investissements importants et des partenariats stratégiques.








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Le marché de la RAM : une crise structurelle ou temporaire ?
La question qui se pose désormais est de savoir si la hausse des prix de la RAM est un phénomène passager ou le signe d’un déséquilibre structurel. Plusieurs facteurs suggèrent que la situation pourrait persister dans les mois à venir. D’abord, la demande en mémoire vive reste forte, portée par l’essor de l’intelligence artificielle et des data centers. Ensuite, les tensions géopolitiques, notamment autour de Taïwan, perturbent les chaînes d’approvisionnement et limitent la production. Enfin, les investissements nécessaires pour moderniser les usines de fabrication de puces mémoire prennent des années, ce qui retarde toute normalisation du marché.
Pour les observateurs du secteur, il est clair que la crise actuelle dépasse le cadre d’un simple ajustement conjoncturel. Les fabricants de smartphones doivent désormais intégrer cette nouvelle donne dans leurs stratégies, en repensant la conception de leurs appareils et en diversifiant leurs sources d’approvisionnement. À plus long terme, cela pourrait accélérer l’adoption de technologies alternatives, comme la mémoire LPDDR5X ou les solutions hybrides combinant RAM et stockage, mais ces innovations prendront du temps à se généraliser.
Ce que l’annonce de Nothing révèle sur l’industrie
L’annonce de Nothing illustre une réalité brutale : même les acteurs les plus innovants et agiles ne sont pas à l’abri des crises des composants. Cette situation rappelle que l’industrie des smartphones reste vulnérable aux chocs externes, qu’ils soient économiques, géopolitiques ou technologiques. Pour les consommateurs, cela signifie que les cycles de lancement et les prix des appareils pourraient devenir plus imprévisibles, avec des répercussions sur leur pouvoir d’achat et leurs choix technologiques.
Pour les investisseurs et les analystes, cette crise souligne l’importance de la résilience dans un secteur où la différenciation passe souvent par des composants standardisés. Les marques qui parviendront à sécuriser leurs approvisionnements, à innover dans la gestion des ressources ou à proposer des alternatives crédibles aux technologies dominantes seront celles qui tireront leur épingle du jeu. À l’inverse, celles qui dépendront trop de fournisseurs uniques ou de technologies non matures pourraient subir des retards ou des surcoûts importants.

Que surveiller dans les prochains mois ?
Plusieurs indicateurs permettront de mesurer l’évolution de la crise de la RAM et ses impacts sur le marché des smartphones. D’abord, l’évolution des prix des puces mémoire, qui pourraient se stabiliser si la demande se calme ou si de nouvelles capacités de production entrent en service. Ensuite, les annonces des grands fabricants de smartphones, qui pourraient ajuster leurs calendriers de lancement ou leurs stratégies tarifaires. Enfin, les innovations logicielles ou matérielles visant à réduire la dépendance à la RAM, comme les optimisations Android ou les architectures hybrides.
Pour les consommateurs, il sera crucial de suivre ces évolutions pour faire des choix éclairés. Par exemple, si les prix de la RAM commencent à baisser d’ici la fin de l’année, les lancements de nouveaux smartphones pourraient reprendre, avec des spécifications plus généreuses. À l’inverse, si la crise s’aggrave, les attentes en matière de performances pourraient être revues à la baisse, au profit de designs plus sobres ou de prix plus élevés. Dans tous les cas, la transparence des marques sur leurs stratégies d’approvisionnement et leurs compromis technologiques deviendra un critère de choix de plus en plus important.
Conclusion : une crise qui redessine les règles du jeu
L’abandon du projet de CMF par Nothing est un symptôme d’une crise plus large, qui touche l’ensemble de l’industrie des smartphones. Cette situation rappelle que les composants critiques, comme la RAM, peuvent devenir un facteur de disruption majeur, capable de bouleverser les stratégies des fabricants et les attentes des consommateurs. Pour les marques, l’enjeu sera désormais de concilier innovation, accessibilité et résilience face aux aléas des chaînes d’approvisionnement.
Pour les utilisateurs, cette crise pourrait se traduire par des appareils moins performants, plus chers ou moins innovants à court terme. Cependant, elle pourrait aussi accélérer l’adoption de technologies plus sobres ou de modèles économiques alternatifs, comme le reconditionné ou l’abonnement. Dans tous les cas, une chose est sûre : l’industrie des smartphones entre dans une nouvelle ère, où la maîtrise des coûts et la diversification des approvisionnements deviendront des compétences aussi cruciales que la conception ou le marketing.
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