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Ethereum : quand les stakers résistent à la baisse des contrats perpétuels

Par Mag-Info Tech editorial · 2026-06-13

Ethereum : quand les stakers résistent à la baisse des contrats perpétuels

Les contrats perpétuels sur Ethereum (ETH) affichent des signaux baissiers, mais cette tendance ne reflète pas nécessairement la santé réelle du réseau. Depuis plusieurs semaines, le prix de l’ETH peine à dépasser les 1 700 $, malgré un contexte global plutôt favorable pour les actifs risqués comme les actions américaines. Les traders s’inquiètent d’un manque d’appétit pour les positions longues à effet de levier, un indicateur souvent associé à une faible confiance dans la reprise du marché. Pourtant, deux forces structurantes pourraient limiter une chute brutale : d’un côté, l’accumulation méthodique d’Ether par des acteurs institutionnels, et de l’autre, la résilience des stakers, qui continuent de verrouiller leurs jetons malgré la volatilité. Ces dynamiques contrastent avec la morosité ambiante et laissent entrevoir une possible stabilisation, voire une reprise, si les fondamentaux reprennent le dessus.

Des contrats perpétuels en territoire baissier, mais sans panique généralisée

Le marché des contrats perpétuels sur ETH a basculé en territoire négatif le 5 juin, un signal technique qui signifie que les positions courtes (shorts) paient désormais une prime aux détenteurs de positions longues pour maintenir leurs paris à la baisse. Ce mécanisme, appelé funding rate, reflète généralement l’équilibre entre l’offre et la demande de levier sur le marché. Lorsqu’il devient négatif, il indique une prédominance des vendeurs et une aversion au risque marquée. Pourtant, cette situation ne s’accompagne pas d’un mouvement de panique massif. Les traders, bien que prudents, ne semblent pas encore céder à la liquidation en cascade, ce qui limite l’ampleur de la correction.

L’indicateur clé à surveiller reste l’open interest, c’est-à-dire le volume total des positions ouvertes sur les contrats perpétuels. Ces dernières semaines, cet indicateur a chuté de 30 % en un mois, atteignant son plus bas niveau depuis treize mois. Cette baisse de l’exposition reflète un désengagement progressif des investisseurs institutionnels, qui réduisent leur exposition aux risques liés à l’Ether. Les fonds cotés en bourse (ETF) américains dédiés à l’ETH ont d’ailleurs enregistré des sorties nettes de 323 millions de dollars sur deux semaines, un signe supplémentaire de cette prudence accrue. Ce recul de l’activité sur les dérivés contraste avec la relative stabilité des marchés actions, où les indices continuent de progresser, soulignant une divergence entre les actifs traditionnels et les cryptomonnaies.

Plusieurs facteurs expliquent cette méfiance des traders. D’abord, la faible activité on-chain sur Ethereum, qui se traduit par une baisse du Total Value Locked (TVL) – le montant total des actifs verrouillés dans les protocoles DeFi – passé de 56 milliards de dollars à 37,5 milliards en deux mois. Ensuite, les revenus générés par les applications décentralisées (DApps) ont chuté de 43 % en mai par rapport à la moyenne des six mois précédents, un indicateur clé de l’utilité réelle du réseau. Enfin, la concurrence d’autres opportunités d’investissement, comme l’introduction en bourse de SpaceX (SPCX), a pu détourner une partie des capitaux des cryptomonnaies vers des actifs plus traditionnels. Malgré ces signaux, les baisses de l’ETH restent contenues, suggérant que les investisseurs ne sont pas encore prêts à capituler.

Une accumulation discrète mais significative par les entreprises

Contrairement à l’image d’un marché en repli, certains acteurs institutionnels profitent de la baisse pour accumuler de l’Ether de manière stratégique. Plusieurs entreprises cotées en bourse, notamment dans le secteur technologique, ont discrètement renforcé leurs réserves en ETH ces dernières semaines. Cette tendance, bien que moins médiatisée que les mouvements spéculatifs, est un signe de confiance à long terme dans la technologie Ethereum et son rôle central dans l’écosystème des cryptomonnaies.

Cette accumulation contrastée avec les sorties des ETF spot s’explique par une approche différente : les entreprises cherchent à diversifier leurs actifs numériques, tandis que les fonds cotés en bourse subissent les pressions des investisseurs à court terme. Par exemple, des sociétés comme MicroStrategy ont continué à augmenter leurs avoirs en Bitcoin, mais certaines d’entre elles considèrent désormais l’Ether comme une alternative viable, notamment en raison de ses améliorations techniques récentes, comme les mises à jour liées à Ethereum 2.0 et l’adoption croissante des solutions de rollups. Cette accumulation méthodique pourrait servir de support à long terme pour le prix de l’ETH, en réduisant la pression vendeuse et en stabilisant le marché.

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Un autre élément à prendre en compte est l’intérêt croissant des entreprises pour les solutions d’entreprise basées sur Ethereum. Des géants comme JPMorgan ou ConsenSys ont développé des infrastructures blockchain privées ou hybrides utilisant Ethereum, ce qui renforce l’adoption institutionnelle du réseau. Ces partenariats, bien que moins visibles que les annonces spéculatives, contribuent à ancrer la valeur de l’Ether dans des cas d’usage concrets. À terme, cette adoption par les entreprises pourrait compenser la baisse de l’activité spéculative et offrir une base plus solide à la valorisation de l’actif.

Les stakers, un rempart contre la volatilité

Alors que les marchés dérivés et l’activité on-chain montrent des signes de faiblesse, les stakers d’Ether affichent une résilience remarquable. Le staking, qui consiste à verrouiller ses ETH pour sécuriser le réseau et percevoir des récompenses, continue de gagner en popularité, malgré la volatilité du prix. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs : d’abord, l’introduction des ETF à staking aux États-Unis a rendu cette pratique plus accessible aux investisseurs institutionnels. Ensuite, l’augmentation progressive des rendements offerts par les protocoles de staking a attiré de nouveaux participants, même en période de baisse des prix.

Les données montrent que le nombre d’ETH stakés a continué d’augmenter, atteignant des niveaux records ces derniers mois. Par exemple, la plateforme Lido Finance, l’un des principaux protocoles de staking, a vu son TVL augmenter de manière significative, signe que les utilisateurs sont prêts à immobiliser leurs jetons pour des périodes prolongées. Cette accumulation de staked ETH a un double effet : elle réduit la liquidité disponible sur le marché, ce qui limite la pression vendeuse, et elle renforce la sécurité du réseau, un argument clé pour les investisseurs à long terme.

Les stakers jouent également un rôle stabilisateur en période de volatilité. Contrairement aux traders qui réagissent aux mouvements de prix à court terme, les stakers adoptent une vision à long terme, ce qui amortit les chocs de marché. Leur engagement envers le réseau est renforcé par les mises à jour récentes d’Ethereum, comme la réduction des frais de gaz et l’amélioration de l’efficacité énergétique, qui rendent le staking plus attractif. Enfin, la possibilité de retirer ses ETH stakés (après la mise à jour Shanghai) a rassuré les investisseurs, éliminant le risque de verrouillage permanent.

Une activité on-chain en déclin, mais pas une crise structurelle

La baisse de l’activité on-chain sur Ethereum est un sujet de préoccupation pour les observateurs, mais elle ne doit pas être interprétée comme un signe de déclin irréversible. Le Total Value Locked (TVL) a chuté de 33 % en deux mois, passant de 56 milliards à 37,5 milliards de dollars, et les revenus des DApps ont reculé de 43 % en mai. Ces chiffres reflètent une période de ralentissement, mais ils ne traduisent pas nécessairement une perte d’intérêt pour la plateforme. Plusieurs explications peuvent être avancées.

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D’abord, la baisse des revenus des DApps peut être attribuée à des facteurs cycliques, comme la réduction de l’activité spéculative après les pics de 2024-2025. Les utilisateurs reviennent progressivement vers des applications plus utilitaires, comme les solutions de finance décentralisée (DeFi) ou les marchés de tokens non fongibles (NFT), mais avec des volumes moins élevés. Ensuite, la concurrence d’autres blockchains, comme Solana ou Avalanche, a pu détourner une partie de l’activité, bien qu’Ethereum reste la plateforme dominante en termes de valeur totale verrouillée et d’adoption institutionnelle.

Enfin, la baisse du TVL peut aussi s’expliquer par le mouvement des actifs vers des solutions de layer 2, comme Arbitrum ou Optimism, qui offrent des frais réduits et des performances améliorées. Ces protocoles secondaires captent une partie de l’activité, mais ils dépendent d’Ethereum pour leur sécurité et leur finalité. Ainsi, même si le TVL sur la couche principale diminue, l’écosystème Ethereum dans son ensemble reste dynamique. Cette transition vers les layer 2 pourrait, à terme, renforcer l’efficacité et l’attractivité du réseau, en attirant de nouveaux utilisateurs grâce à des coûts réduits et des vitesses accrues.

Des indicateurs techniques qui laissent planer un risque de baisse supplémentaire

Malgré les signaux positifs liés à l’accumulation et au staking, plusieurs indicateurs techniques suggèrent que le prix de l’ETH pourrait encore reculer. Le premier d’entre eux est la tendance baissière des dernières semaines, avec un prix qui peine à dépasser les 1 700 $. Les moyennes mobiles à 50 et 200 jours forment un Death Cross, un signal technique souvent interprété comme un présage de baisse supplémentaire. De plus, le Relative Strength Index (RSI) est en territoire de survente, mais sans rebond immédiat, ce qui indique que la pression vendeuse pourrait persister.

Un autre indicateur à surveiller est le ratio MVRV (Market Value to Realized Value), qui compare la capitalisation boursière de l’ETH à la valeur de tous les ETH jamais vendus. Un ratio élevé suggère que le marché est surévalué, tandis qu’un ratio bas indique une sous-évaluation. Actuellement, ce ratio est en baisse, mais il reste proche de ses niveaux historiques bas, ce qui pourrait inciter certains traders à anticiper une reprise. Enfin, l’analyse des flux sur les bourses centralisées montre une augmentation des retraits d’ETH vers des portefeuilles personnels, un signe que certains investisseurs préparent des positions à plus long terme ou cherchent à éviter les risques liés aux plateformes custodiales.

Ces signaux techniques, combinés à la faiblesse des dérivés, laissent entrevoir un scénario où l’ETH pourrait tester des supports clés, comme les 1 500 $ ou même les 1 400 $. Cependant, une cassure de ces niveaux déclencherait probablement des liquidations en cascade, aggravant la baisse. À l’inverse, un rebond au-dessus des 1 700 $ pourrait inverser la tendance et rétablir la confiance des traders. Dans ce contexte, les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les forces structurelles (accumulation, staking) parviendront à contrer les pressions baissières.

Que faire en tant qu’investisseur ? Stratégies et points de vigilance

Face à cette situation contrastée, les investisseurs doivent adopter une approche prudente et diversifiée. Pour les traders actifs, la baisse des contrats perpétuels et la chute de l’open interest offrent des opportunités de positions courtes, mais avec un risque élevé de retournement si les fondamentaux reprennent le dessus. Il est donc conseillé de limiter la taille des positions et de surveiller de près les indicateurs techniques, comme le funding rate et les moyennes mobiles.

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Pour les investisseurs à long terme, la période actuelle pourrait représenter une occasion d’accumuler de l’ETH à des niveaux plus attractifs. Les signaux liés au staking et à l’adoption institutionnelle suggèrent que le réseau reste solide, malgré la volatilité à court terme. Une stratégie possible consiste à répartir ses achats sur plusieurs mois pour lisser le risque, tout en surveillant les mises à jour technologiques d’Ethereum, comme les améliorations liées à la roadmap Pectra ou les avancées en matière de zk-rollups.

Enfin, pour les détenteurs de staked ETH, il est important de surveiller les rendements et les risques liés aux protocoles de staking. Certains services, comme Lido ou Rocket Pool, offrent des rendements attractifs, mais ils comportent aussi des risques de contrepartie ou de smart contract. Une diversification entre plusieurs protocoles peut réduire ces risques. De plus, avec l’évolution réglementaire, notamment aux États-Unis, il est crucial de s’informer sur les implications fiscales du staking, qui peuvent varier selon les juridictions.

L’horizon 2026 : entre risques et opportunités pour Ethereum

À moyen terme, Ethereum se trouve à un carrefour. D’un côté, les défis sont nombreux : baisse de l’activité on-chain, pression baissière sur les dérivés, et concurrence accrue des layer 2 et d’autres blockchains. De l’autre, des forces structurelles, comme l’accumulation institutionnelle et la résilience des stakers, pourraient servir de socle à une reprise. Plusieurs scénarios sont envisageables.

Le premier scénario, pessimiste, verrait l’ETH chuter sous les 1 500 $ en raison d’une continuation de la baisse des dérivés et d’un regain de pression vendeuse. Ce mouvement pourrait être amplifié par des liquidations massives si les supports techniques cèdent. Dans ce cas, les investisseurs à long terme pourraient profiter de la baisse pour renforcer leurs positions, mais le risque de contagion vers d’autres actifs cryptographiques ne serait pas négligeable.

Le deuxième scénario, plus optimiste, verrait une stabilisation du prix autour de 1 600-1 700 $, soutenue par une reprise de l’activité on-chain et une hausse des revenus des DApps. Les mises à jour technologiques, comme l’amélioration des layer 2 ou l’adoption croissante des solutions de staking, pourraient relancer l’intérêt pour le réseau. Enfin, une clarification réglementaire aux États-Unis, notamment sur les ETF à staking, pourrait attirer de nouveaux capitaux institutionnels.

Quelle que soit l’issue, une chose est certaine : Ethereum reste un pilier de l’écosystème cryptographique, et sa capacité à innover et à s’adapter sera déterminante pour son avenir. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer si les signaux baissiers actuels ne sont que temporaires ou s’ils annoncent une tendance plus durable. En attendant, les investisseurs avisés devront rester vigilants, tout en gardant à l’esprit les opportunités offertes par un marché en pleine mutation.

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